Nécessité pour la santé publique d'une vigilance accrue vis-à-vis de la chlamydiose aviaire (2005).

Avis adopté par l'Académie Vétérinaire de France, lors de sa séance du 3 février 2005, à l'unanimité des membres présents.

considérant que :

  • la chlamydiose (ornithose/psittacose), due à Chlamydophila psittaci, est une maladie de certaines espèces d'oiseaux qui peut être transmise à l'homme et entraîner la mort des personnes les plus fragiles;
  • depuis 1996, cette maladie n'est plus soumise à déclaration obligatoire et ne fait plus l'objet de mesures de police sanitaire en France car elle n'est plus inscrite sur la liste des maladies légalement réputées contagieuses.
  • le suivi de l'évolution de la chlamydiose aviaire est devenu de ce fait très difficile, d’autant plus que beaucoup d'oiseaux reçoivent des traitements antibiotiques qui masquent leur infection;
  • les points de vente d'oiseaux d'agrément se sont multipliés et que ces oiseaux sont le plus souvent destinés à la compagnie d'individus vulnérables, tels que les enfants ou les personnes âgées;
  • certaines catégories professionnelles sont particulièrement exposées du fait des contacts étroits qu'elles ont avec les oiseaux, notamment les aviculteurs, les vétérinaires, les employés des abattoirs, des couvoirs, des ateliers de gavage etc.


recommande que :

  • la chlamydiose aviaire soit de nouveau inscrite sur la liste des maladies légalement réputées contagieuses, ce qui en facilitera la surveillance chez les oiseaux d'élevage les plus sensibles (en particulier les palmipèdes, les ratites,les colombiformes, les dindes..), chez les oiseaux d'agrément ou chez les pigeons en liberté et permettra de ce fait aux directions départementales des services vétérinaires d'intervenir dans les lieux potentiellement infectés de chlamydiose ainsi que de procéder, si nécessaire, à l'euthanasie des oiseaux;
  • des recommandations soient faites, concernant notamment le matériel et tenues de protection à utiliser, à toutes les personnes intervenant de façon permanente ou occasionnelle dans les élevages à risque, les couvoirs et les abattoirs et que ces personnes bénéficient d'un suivi sanitaire adapté dans le cadre de la médecine du travail;
  • des informations soient données et des recommandations soient faites aux personnes désirant acheter des oiseaux de compagnie ou de volière, concernant les précautions à prendre pour éviter les risques de transmission de maladies dont ces oiseaux peuvent être atteints;
  • la présence d'oiseaux sensibles, notamment de psittacidés, soit interdite dans les lieux où ils pourraient être au contact de personnes sensibles (crèches, écoles ou jardins d'enfants, résidences de personnes âgées ...), et qu'un suivi sanitaire de ces oiseaux soit assuré dans les autres lieux publics.

 

Protection de la France métropolitaine contre l'introduction de la rage canine (2005)


Avis adopté par l'Académie Vétérinaire de France, lors de sa séance du 3 février 2005, à l'unanimité des membres présents.

L'Académie vétérinaire de France observant que :

  • en dépit de tous les règlements nationaux et internationaux, des chiens enragés ont été introduits en France à plus de 20 reprises depuis 1968 et 3 fois durant la seule année 2004,
  • ces introductions ont entraîné l'euthanasie de centaines de chiens ou de chats qui avaient été en contact avec ces animaux enragés ainsi que le traitement de centaines d'êtres humains qui avaient pu être exposés à une contamination;
  • les conséquences de telles mesures sont toujours très graves sur le plan humain et coûteuses sur le plan économique;
  • le risque de développement d'une épizootie de rage canine, à partir de chiens importés de pays infectés, n'est pas négligeable comme l'a démontré celle de 1954-1956 dans le Sud-Ouest de la France.


considérant que :

  • la rage des renards a été éradiquée de France métropolitaine depuis le mois d'avril 2001, grâce aux opérations de vaccination mises en place par le ministère chargé de l'agriculture, et que ce pays est donc considéré comme indemne de rage par l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE);
  • le territoire français métropolitain reste cependant sous la menace permanente d'une introduction du virus de la rage des animaux domestiques ou sauvages et notamment de celle des chauve-souris;
  • parmi les animaux domestiques, ce sont les chats et surtout les chiens qui représentent le risque le plus élevé d'introduction de la maladie;
  • sur un plan plus général, toute importation d'animaux domestiques ou sauvages en France métropolitaine peut être à l'origine de foyers d'autres zoonoses : fièvre charbonneuse, tularémie, morve, échinococcose granulaire, trichinellose etc.


recommande que :

  • les réglementations nationales et internationales concernant l'importation dans les pays de l'Union Européenne d'animaux domestiques ou sauvages soient appliquées avec la plus extrême rigueur;
  • ces réglementations soient rappelées aux pays de l'Union Européenne les plus exposés à l'introduction frauduleuse d'animaux provenant de territoires où sévissent des zoonoses non répandues en France;
  • tous les animaux pouvant être exposés à la rage et désignés comme tels par la réglementation française soient correctement identifiés et régulièrement vaccinés contre la rage, et munis d’un passeport sanitaire officiel lors de leurs voyages,
  • le réseau d'épidémiosurveillance de la rage et des zoonoses en France soit renforcé et que les vétérinaires praticiens soient encouragés à rechercher et signaler toute suspicion de ces maladies chez les animaux qu'ils observent;
  • les personnes voyageant à l'étranger soient averties des dangers qu'elles courent et font courir aux autres en important illégalement des animaux de pays à risque, ainsi que de la gravité de cette infraction;

dans le cadre de la politique pénale, l'attention des Procureurs soit attirée sur l'extrême gravité de la faute indirecte que constitue l'infraction d'importation illicite d'animaux, qui peut être la cause initiale de troubles majeurs pour la santé publique.

 

Avis de l'Académie Vétérinaire de France sur les risques liés à l'infection des chauves-souris par les lyssavirus (2005).


Avis adopté par l'Académie Vétérinaire de France, lors de sa séance du 17 mars 2005, à l'unanimité des membres présents.

L'Académie Vétérinaire de France :


Considérant que :

  • Le dernier cas de rage vulpine (du au virus rabique de génotype I) enregistré en France métropolitaine date du mois de décembre 1998, grâce aux opérations de vaccination orale mises en place par le Ministère chargé de l'agriculture. Le pays a été reconnu officiellement indemne en avril 2001.
  • Chez certaines espèces de chauves-souris européennes (chiroptères) existent des infections par des virus apparentés au virus de la rage (lyssavirus de génotype 5 et 6).
  • La prévalence réelle de la rage dans les populations de chauves-souris ne peut être déterminée avec précision, compte tenu du caractère souvent inapparent de l'infection, des difficultés de capture et d'examen de ces mammifères et de leur statut d'espèces protégées (arrêté interministériel du 17 avril 1981 qui en interdit la capture, le transport, la vente, l'achat ou la destruction).
  • Tous les lyssavirus sont potentiellement transmissibles aux autres mammifères dont l'homme, cette transmission pouvant entraîner une infection mortelle en l'absence de traitement spécifique.- Des espèces de chiroptères exotiques ont été importées en France (et en Europe) à partir de pays tiers et ont été reconnues infectées par d'autres types de lyssavirus et par d'autres agents pathogènes exotiques.
  • Un cas mortel de rage humaine transmise par une morsure de chiroptère vient d'être signalé en Grande Bretagne.

 

Recommande que :

  • Les travaux de recherche et d'épidémiosurveillance entrepris sur les infections à lyssavirus des chauves-souris soient poursuivis et intensifiés, et dotés des moyens humains et matériels suffisants dans les établissements de recherche spécialisés et avec l'aide des associations de spécialistes bénévoles autorisées.
  • Les centres de traitement antirabiques soient régulièrement informés, afin de prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger ou traiter les personnes exposées à un risque rabique en se référant par exemple à l'avis du Conseil supérieur d'hygiène publique de France du 8 juin 2001.
  • Le public soit correctement informé du risque possible de contamination par morsures de chauves-souris, afin que toute exposition à ce risque soit aussitôt suivie d'une consultation médicale.
  • Un effort particulier d'éducation du public soit également entrepris pour développer le respect de toutes les espèces animales sauvages et pour éviter leur capture et leur manipulation.
  • Soit totalement interdits l'importation et le commerce, sur le territoire français métropolitain, de chauves-souris en provenance d'autres territoires, hormis dans un but scientifique ou vers des parcs zoologiques spécialisés.

 

 

 

AVIS DE L'ACADÉMIE VÉTÉRINAIRE DE FRANCE SUR LA TRAÇABILITE DU MEDICAMENT VETERINAIRE ET LA MISE EN ŒUVRE DU REGISTRE D’ÉLEVAGE


Considérant que le Registre d’Élevage, qui répond aux directives de l’Union Européenne a été rendu obligatoire en France par l’arrêté ministériel du 5 juin 2000, et constitue un document fondamental

  • garantissant aux consommateurs les conditions de l’administration des médicaments aux animaux de rente ;
  • consignant, pour l’éleveur et son vétérinaire traitant, les informations sur lesquelles se fondent, en partie, leurs attitudes thérapeutiques et prophylactiques;
  • pouvant fournir à la Santé Publique vétérinaire des informations importantes relatives à la pharmacovigilance et à l’épidémiosurveillance.


Observant que le Registre d’Élevage connaît des fortunes diverses selon les filières animales :

  • dans la filière avicole, il est adopté par la quasi-totalité des éleveurs et va de pair avec le développement des signes de qualité;
  • en production porcine l’identification effectuée par lot ou individuellement pour les reproducteurs permet d’envisager la généralisation du Registre d’Élevage;
  • dans la filière bovine, on estime que seulement 20% des élevages appliquent actuellement l’arrêté;
  • dans les filières ovine et caprine, les difficultés d’identification propres à ces espèces constituent un obstacle important à la mise en œuvre du Registre d’Élevage.


L’Académie Vétérinaire de France recommande :

Pour améliorer la traçabilité du médicament vétérinaire :

  • que le Registre d’Élevage soit tenu dans tous les élevages quelle que soit l’espèce et que des études soient activement poursuivies en vue de permettre l’identification des petits ruminants dans des conditions économiques acceptables afin de pouvoir suivre les traitements médicamenteux administrés à chaque animal;
  • que des indications claires sur l’origine et la nature des médicaments (Nom de spécialité, Autorisation de Mise sur le Marché et numéro du lot) figurent sur le registre conjointement aux ordonnances délivrées;
  • qu’en amont, la traçabilité de chaque lot de médicaments vétérinaires soit au moins assurée de la fabrication à l’administration par des procédé appropriés;
  • que soient augmentés significativement les contrôles aléatoires de la présence de résidus médicamenteux dans les produits alimentaires d’origine animale et qu’ils fassent l’objet, en cas de découverte de résidus, d’une signification à l’éleveur.


Pour améliorer l’état sanitaire des élevages et renforcer l’efficacité de la Santé Publique vétérinaire :

  • que le Registre d’Élevage, mis en place dans toutes les exploitations, soit consulté et visé par le vétérinaire traitant lors de ses interventions;
  • que ce registre fasse annuellement l’objet d’un examen par un vétérinaire sanitaire dont le visa contribuerait à la validation de l’élevage sur le plan sanitaire;
  • que soient consignées dans le Registre d’élevage des informations complémentaires sur les conditions d’élevage, susceptibles d’orienter les conseils vétérinaires : nature des aliments, modalités de leur distribution, conditions d’hébergement des animaux…
  • que le Registre d’Élevage soit considéré comme partie des cahiers des charges comme il l’est de la Charte des bonnes pratiques en élevage bovin et qu’il contribue au développement des signes de qualité;
  • que dans le cadre de la lutte contre les maladies contagieuses soit conduite une action concertée entre les éleveurs et les Services Vétérinaires afin de définir les conditions dans lesquelles les services officiels pourraient, centraliser et utiliser les informations issues des registres d’élevage (méthodologie, moyens, confidentialité…).


Avis adopté à l’unanimité des membres présents lors de la séance du 27 mai 2004 et transmis le 1er juin 2004, à Monsieur le Ministre de l’Agriculture, de l’Alimentation, de la Pêche et des Affaires rurales.

 

 

AVIS DE L'ACADEMIE VÉTÉRINAIRE DE FRANCE SUR LA SURVEILLANCE ET LA PRÉVENTION DES LISTERIOSES HUMAINES


L'ACADEMIE VÉTÉRINAIRE DE FRANCE :

Considérant que :

  • malgré la très nette régression actuelle des contaminations de l'homme par la bactérie Listeria monocytogenes, certains risques peuvent persister, notamment lorsque cet agent pathogène se retrouve dans les aliments d'origine animale,
  • ces risques doivent être encore réduits par recherche systématique de la bactérie sur les lieux de production et distribution de ces aliments,
  • la détection précoce de cette bactérie dans les aliments, la traçabilité et le suivi des produits infectés sont les éléments clés d'une prévention effective des contaminations humaines qu'elle peut entraîner,
  • Il existe une technique peu coûteuse, performante et très spécifique de typage rapides de Listeria monocytogenes : le pulsotypage.


Recommande que :

  • les recherches soient intensifiées sur les techniques modernes de typage de Listeria monocytogenes, qui permettent à la fois de retrouver l'origine de certaines contaminations et d'assurer le suivi épidémiologiques des infections humaines qui peuvent en résulter.
  • Les méthodes de typage déjà existantes et bien validées, en particulier la technique du pulsotypage, soient utilisées dès maintenant par les fabricants d'aliments destinés à l'homme, afin de tarir rapidement les sources de contamination de ces aliments.


Adopté par L'Académie Vétérinaire de France en sa séance du 3 Avril 2003 et remis au Ministre le 9 Avril 2003.


Avis remis au Ministre le 6 avril 2001

 

 

Avis commun des Académies d'Agriculture et Vétérinaire de France au Ministre de l'Agriculture et de la Pêche sur l'emploi des farines de viandes et d'os dans l'alimentation des animaux L'Académie d'Agriculture de France et l'Académie Vétérinaire de France.

 

Rappellent: qu'à la suite de l'apparition de l'Encéphalopathie Spongiforme Bovine (ESB), l'Académie d'Agriculture le 13 juin 1990, l'Académie Vétérinaire le 21 juin 1990, ont attiré l'attention du Ministre chargé de l'Agriculture sur les conséquences de la maladie au plan de la Santé publique et conseillé la mise en place de mesures destinées à en prévenir le développement. Considèrent que :

  • L'évolution de cette affection, largement médiatisée, justifie les mesures qui ont été prises.
  • En particulier, des farines de viandes et d'os issues d'un procédé simplifié ayant été responsables de l'apparition de l'enzootie au Royaume-Uni, les farines de viandes et d'os font actuellement l'objet depuis le 14 novembre 2000, d'un moratoire justifié par la circulation au sein de l'Union Européenne de farines qui ne présentent aucune garantie quant à la sécurité vis-à-vis de l'ESB.
  • Ce moratoire devrait être mis à profit pour réévaluer l'opportunité de l'emploi de ces farines et les conditions de sécurité de leur utilisation.


Soulignent que :

  • Les farines de viandes et d'os correctement préparées ont été utilement incorporées dans l'alimentation des animaux destinés à la consommation humaine pendant plus d'un siècle sans conséquences fâcheuses; elles apportaient un complément protéique et minéral de qualité; leur consommation évitait, en outre, les inconvénients environnementaux et économiques liés à leur destruction.

  • Leur retrait, tel qu'il résulte du moratoire, constitue pour l'Union Européenne un important préjudice de nature environnementale, technique et économique; néanmoins, ce moratoire ne saurait être levé sans que l'ensemble des farines de viande et d'os circulant dans la communauté ne réponde à un système de garanties complémentaires et se recouvrant parfois, comprenant notamment :

    • La sélection stricte des matières premières.
    • La séparation des sites consacrés aux produits destinés à l'alimentation des animaux de ceux conduisant à la destruction des cadavres et matériaux à risques spécifiés.
    • L'application stricte de procédures de fabrication garantissant la destruction des agents de transmission des encéphalopathies spongiformes sub-aiguës transmissibles et plus généralement de tout agent pathogène quels que soient les circuits.
    • L'individualisation des filières de préparation, de conditionnement et de transport des aliments destinés aux ruminants, les distinguant de celles relatives aux aliments destinés aux autres espèces.
    • L'interdiction de la pratique du recyclage intraspécifique de toute espèce ayant démontré une sensibilité aux agents des encéphalopathies spongiformes, afin d'éviter d'éventuels phénomènes d'amplification.


Recommandent en vue de la levée du moratoire :

  • L'application des garanties citées précédemment.
  • La poursuite de recherches, coordonnées à l'échelon européen, et portant sur les problèmes scientifiques, techniques et économiques soulevés.
  • La mise en place d'infrastructures industrielles adaptées.
  • L'organisation de contrôles efficaces de la production et de la circulation des farines de viandes et d'os réalisés par différents services compétents, sur l'ensemble de l'Union Européenne et dans le cadre des marchés avec les pays tiers.
  • L'adoption de mesures appropriées de traçabilité, d'information et de communication.

 

 

Séance du jeudi 5 juillet 2001 Avis de l'Académie Vétérinaire de France sur les leçons à tirer de la récente épizootie de Fièvre Aphteuse.

 

L'Académie Vétérinaire de France Alors que la France vient de recouvrer son statut de pays indemne de Fièvre Aphteuse, après qu'une récente et brève épizootie ait été rapidement jugulée sur le territoire national : 

  • Constate que l'ensemble du dispositif de protection de la santé animale mis en place par les pouvoirs publics dès que le risque d'extension de l'épizootie britannique a été perçu, a fonctionné avec une célérité et une efficacité dignes d'éloges.
  • Souligne le fait que cette efficacité a reposé pour l'essentiel sur le dispositif de veille sanitaire représenté par le réseau des vétérinaires sanitaires exerçant en zone rurale, en relation directe avec les services du Ministère de l'Agriculture et de la Pêche.

Émet le souhait :

  • Que ce réseau de surveillance épidémiologique soit conforté dans ses missions aussi bien au plan moral que matériel.
  • Que, tirant la leçon de la récente épizootie, un effort de réflexion soit engagé dès à présent, en vue de réévaluer tant au plan national qu'international, les dispositifs de veille et de prévention vis-à-vis de la maladie.
  • Et que, plus généralement, soient redéfinies les règles sanitaires internationales de manière à préserver à la fois les intérêts économiques des États et à minimiser les risques de réapparition de l'épizootie.

Secrétariat :
34, rue Bréguet
75011 Paris
Tél. : 01 53 36 16 19
Mél : academie(at)veterinaire.fr